J'ai un coloc qui cuisine. Tout le temps. De la tarte au sucre, du fudge, du sucre à la crème. Quand il se fait à souper, ce sont des odeurs enivrantes qui se rendent jusque dans ma chambre. J'ai un coloc qui me demande chaque fois qu'il veut m'emprunter un plat ou quelque chose qui m'appartienne, même si je lui répète que tout ce qui se trouve dans l'appartement est synonyme de commun, donc qu'il n'a pas à le faire. J'ai un coloc qui sort les poubelles sans que je lui demande, qui balaie la cour arrière pour ne pas que les feuilles qui s'y ramassent pourrissent. J'ai un coloc qui regarde la télévision avec moi et qui me raconte ses journées. J'ai un coloc qui refuse que je revienne toute seule le soir, quitte à devoir venir me chercher. J'ai un coloc qui ne voit aucune objection à ce que Chéri (et ses amis) prennent d'assaut l'appartement pour une fin de semaine, de temps en temps!
J'ai un coloc qui supporte mes sautes d'humeur de fille, un coloc gars qui n'essaie pas de me faire d'avance et qui ne me voit pas finir dans son lit. J'ai un coloc qui accepte que je le materne un peu, pour combler mon besoin de prendre soin de quelqu'un. J'ai un coloc qui écoute réellement quand je parle, et Dieu sait que je parle beaucoup! J'ai un coloc qui est reconnaissant que je fasse la vaisselle et que je passe le balai. J'ai un coloc qui va même jusqu'à m'acheter une boîte de chocolat pour me remercier! J'ai un coloc qui m'a laissé placé l'appartement comme je voulais, qui n'a jamais trouvé rien à dire de négatif sur ce les meubles que j'avais apporté et qui a accepté que je prenne en charge plusieurs choses pour le déménagement. J'ai un coloc parfait.
Tout ce que je peux dire, c'est que ça fait énormément changement de mes deux années aux résidences! Deux années à être la seule à avoir conscience de la crasse qui imprégnait l'appartement. Deux années à habiter avec des inconnus hostiles à mon endroit. Par chance que Chéri était là, la dernière année, avec moi. Sinon, j'y laissais carrément ma peau. Parce que ce fut deux années affreuses, à ce niveau-là.
C'est le karma, je crois. Tout nous revient un jour, n'est-ce pas? :-)
J.
