vendredi 26 février 2010

Stuck in here.

J'en veux tellement à Mère Nature présentement. Comment peut-on plus gâcher la mi-session d'universitaires gaspésiens ? Pour ceux qui ne seraient pas au courant, l'autoroute 20 et la route 132, deux routes principales pour se rendent en Gaspésie en partant de Mauxtréal, sont présentement fermées, et ce, depuis ce matin. En fait, la 20 a été fermée hier aussi. Elle a rouvert, mais a dû être refermée, à cause des mauvaises conditions climatiques. Ce qui fait qu'aucun véhicule n'est autorisé à passer. Ceux qui sont partis de Montréal ce matin poireautent à Québec et Ste-Foy depuis un bon bout déjà et ils ne savent toujours pas quand ils passeront.

Et moi ? Et moi, je suis à Montréal et j'apprends qu'Orléans Express a suspendu les départs vers Rivière-du-Loup, Rimouski et Gaspé. Pour un temps indéterminé. Et moi, je suis prise à Mauxtréal en ce début de mi-session. Je n'ai qu'une envie, me mettre à pleurer. J'attends de revoir ma belle Gaspésie depuis si longtemps. Ça fait deux mois que je n'ai pas vu ma famille. Et je dois reporter le tout d'une journée. Vous trouvez peut-être que c'est un peu égoïste de chialer pour une journée? Probablement. Mais quand le voyage prend 12 h, le retarder de 12 h ou 24 h, c'est un peu frustrant parce que ça raccourcit nécessairement le temps.

Mais bon, j'essaie de me réconforter en me disant que je suis en mi-session, c'est-à-dire en congé, pour une belle semaine. Même si mes plans de départ changent un peu, je crois que je vais pouvoir quand même bien en profiter. Gaspésie au début, si je finis par pouvoir me rendre, et Bromont la fin de semaine prochaine. Chéri fête son anniversaire d'ailleurs alors je tiens à y être. J'essaie de me dire que c'est un mal pour un bien. Qu'il y a une signification cachée derrière tout ça. Peut-être est-ce que si je partais ce soir, j'aurais un accident ? J'aime me dire que la vie m'envoie des signes et que je suis mieux de les suivre. De toute façon, comment peut-on aller contre la volonté de Mère Nature ?

Par ailleurs, j'ai commencé à aller porter des CV dans des endroits que j'avais ciblé et qui me conviendraient comme emploi d'été. Je déteste faire ce genre de chose, mais je me dis qu'il est pratiquement impossible que je ne trouve rien. J'ai toujours su travailler en Gaspésie, alors que c'est probablement la région où il y a le moins de travail, pourquoi ne pourrais-je pas le faire à Mauxtréal? Ça me déçoit encore un peu de passer l'été à Mauxtréal. Cependant, je me dis que c'est la meilleure chose à faire. Oh, en plus, j'ai acheté un livre en allant porter mon CV (parce que je trouve un peu effrontée le fait de juste entrer dans la librairie porter mon CV), Putain, de Nelly Arcand. Je voulais le lire depuis très longtemps (bien longtemps avant la mort de l'auteure), je me suis dit que je pouvais bien me gâter un peu. Au début, je l'avais acheté pour l'autobus voyageur, mais bon, je pourrai toujours le lire en revenant, si je ne sais toujours pas quand je pars.


J.

mercredi 24 février 2010

Je t'écris de la main gauche.

Chaque fois, c'est la même chose. Aussitôt que je manque de temps (volontairement ou non), je néglige mon blogue. Pourtant, je me dis toujours qu'il est vital. Que j'ai besoin, que ça me permet de décompresser, de relaxer, de respirer, de demeurer saine d'esprit. Mais, je trouve quelque chose d'autre à faire.

C'est un couteau à double tranchant, la technologie. C'est si facile, perdre du temps sur Facebook ou Youtube. Si facile de zapper sur le peu de postes de télévision et de trouver une émission (intéressante ou non) qui nous prend un peu de notre temps. Tout pour ne pas me retrouver devant cette page blanche qui me hante parfois.

Écrire, c'est tellement facile et si difficile, tout à la fois. De plus en plus, je remarque mon style littéraire, ma facilité à exprimer en mots ce que plusieurs ont peine à faire sortir. Je devrais mettre ce "talent" à l'usage et surtout, à un bon usage. Je devrais faire de l'écriture une priorité, me forcer à écrire régulièrement, follement et surtout, passionnément.

Arrêter de voir l'écriture comme une contrainte que je m'impose. Couler sur papier (ou sur page Word) tout ce qui me passe par la tête, que ç'a ait du sens ou non! Je devrais être libre. Libre d'écrire ce que je veux, quand je veux, à qui je veux. Or, je sais très bien que le sens même de société repose justement sur cette limite qu'on s'impose soi-même dans nos écrits (et très souvent dans nos mots).

Tout cela pour dire que l'écriture me manque. C'est un peu paradoxal (je vous dis, je ne suis qu'un amalgame de paradoxes), puisque c'est totalement de ma faute. Je suis négligente. Dire qu'avant, je passais de longues heures à écrire mes sentiments, décrire mes journées, raconter des anecdotes, dans des tonnes de cahiers. Je ne compte plus les journaux intimes de mon enfance. La technologie m'a rendue tellement lâche. Aujourd'hui, prendre un crayon est pratiquement devenue une corvée. Je traîne de plus en plus mon ordinateur dans mes cours afin de prendre mes notes (beaucoup plus rapidement et pratiquement dans plusieurs cas). Il est fini le temps où je choisissais amoureusement mes crayons et mes carnets. Fini le temps où j'allais faire des commissions avec ma mère et que le plus beau cadeau qu'elle pouvait me faire était de m'acheter un article de bureau. J'ai toujours adoré cela.

Et chaque fois que je constate à quel point j'ai oublié tout ça, je m'en veux. Ce n'est pas la première fois que j'écris sur le sujet, mais je me sens toujours si coupable. Pourtant, la seule que je punis, au fond, c'est moi-même. Peut-être est-ce que je m'en demande trop? Mais, si je n'ai pas l'écriture, qu'est-ce qu'il me reste ?


J.

vendredi 19 février 2010

Rien ne sert de courir.

J'écris ce billet un peu avant de partir pour Bromont pour la fin de semaine, retrouver Chéri qui a réussi à trouver une solution à son problème de voiture (ce n'est pas la transmission... mais c'est beaucoup de choses à changer.) Je réalise que ça me fait un bien fou, sortir de Mauxtréal.

Je ne suis pas allée à Bromont depuis 3 semaines déjà et je m'ennuie. Pas que j'aime particulièrement l'endroit, quoi que, c'est difficile de ne pas aimer, mais plutôt parce que ça ne ressemble pas à Mauxtréal. C'est petit, chaleureux, simple. Tout mon stress reste dans mon petit appartement et je réussis toujours à passer de belles fins de semaine en belle compagnie, évidemment! Je crois que j'ai peut-être trouvé un remède à mon mal... sortir de Mauxtréal le plus souvent possible!

D'ailleurs, la mi-session s'en venant à grands pas, où est-ce que je pars dans 1 semaine? En Gaspésie! :D J'ai de la misère à croire que ça fait bientôt deux mois que je n'y suis pas allée. Plus le temps passe et plus je m'habitue à être loin de mon petit coin. Cependant, j'ai toujours une certaine fébrilité avant d'y retourner. Je me prépare mentalement à changer du tout au tout. En fait, j'ai 12 heures pour me préparer. Le trajet d'autobus me laisse amplement le temps de me détacher de tout ce qui est trop montréalais. Même si je grimace un peu à l'idée de passer la nuit dans l'autobus, je me suis rendu compte que c'est un peu bénéfique. J'ai 12 longues heures pour penser, dormir (on essaie) et me séparer de tout ce qui vient de Montréal. Je laisse l'école, l'appartement, les factures, les obligations, les devoirs et les problèmes derrière moi. Au fil des minutes, je retrouve mon calme, ma sérénité et ma région. Je regarde défiler l'horizon avec un sourire aux lèvres, mon iPod aux oreilles, je réfléchis.

Île-de-Mauxtréal, Montérégie, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, Bas-St-Laurent et finalement Gaspésie... Ça en fait des régions administratives à traverser. Je regarde le paysage changer tranquillement. Les immeubles, le trafic et l'autoroute font tranquillement place aux arbres et à la fidèle route 132, un peu plus cahoteuse chaque fois. Mont-Joli, le rond point décisif: côté nord ou côté sud? Chaque fois, je ressens un petit chatouillis dans mon coeur, à l'approche de ma belle Baie-des-Chaleurs (même si je dois survivre à la Vallée de la Matapédia et à ses courbes de la mort: plusieurs accidents cet hiver, plusieurs morts également). Quand je vois finalement le début de la Baie, à l'embouchure de la rivière Restigouche, entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton (Nouveau-Brunswick), je sais que je suis bientôt arrivée, qu'il n'en reste plus très long.

Bien souvent, je suis un peu cernée, à cause des quelques heures de sommeil (pas évident de dormir dans un autobus voyageur - quoi que, avec le temps, j'ai développé quelques trucs infaillibles), j'ai mal partout et j'ai des fourmis dans les jambes (je suis si petite que je ne touche pas au sol de l'autobus, ce qui me cause trop souvent de vilains maux de dos). Mais j'ai le coeur heureux, heureux de voir l'eau scintiller sous le soleil qui embrasse la baie. J'aperçois les côtes du nord du Nouveau-Brunswick et je souris toute seule. Les montagnes s'étirent devant moi, la circulation est fluide, les gens sont calmes et sereins. Je suis enfin chez moi.


J.